Saloperies que ces trois petites lettres.
Suis-je encore moi ? J'aimerais pouvoir en parler comme l'a fait Ravalec dans son livre, avec humour, dérision, mélangeant des scènes mystico-pornographiques dans un couvent, des histoires abracadabrantes qui m'ont fait rire aux larmes, mélangeant la fiction et l'affreux réel qu'on peut endurer avec ce magnifique-traitement-remède-miracle qu'est le coktail détonnant interféron+ribavirine... mais ça c'était avant, pendant ces putains de 9 mois (si ! si ! comme une grossesse) où l'espoir était mon fil conducteur, où j'ai cru en toutes les promesses thérapeutiques (c'est marrant ces deux mots ont presque le même sens), bref cette période où j'étais presque-guérie, puis guérie, puis plus du tout guérie, même que ce serait plutôt le contraire.
Ce qu'il en reste ? des effets secondaires, qui m'empêchent de penser, de réfléchir, parce que c'est bien beau de carburer à 200 dans la tête si on n'arrive pas à le traduire sur le papier, ou le clavier, à restituer de façon cohérente ce qu'on a envie de dire, de partager. Peut-être que je suis simplement fatiguée aujourd'hui, habillée de bleu parce que c'est ma couleur préférée, et pour coordonner le tout, coquetterie oblige, ce soir j'ai même un bleu à l'âme.
Et puis comment vivre avec un virus ? Evidemment, j'aimerai retrouver ma vie, celle d'avant, juste avant que je ne sache, avant de faire un premier puis un deuxième traitement miracle, avant que ce fantôme ne m'accompagne.
Je pensais être forte, ne pas céder à la déprime, et je le suis, mais il y a des jours.. et puis il y en aura d'autres, des lendemains rieurs même si le monde est blessé de partout.
pour ceux qui connaissent, environnement, solutions ? pour la restauration de l'ecosystème planétaire.Le soir même, vers minuit-l'heure-du-crime-Cendrillon-ou-chrétien-le-cantique, dans mon premier sommeil j'ai été réveillée par des bruits suspects, il se PASSAIT quelque chose, de drôles d'ondes circulaient, mon chat noir Pignouf essayait désespéremment d'ouvrir un des tiroirs sous mon lit afin de s'y cacher... signe révélateur d'une agitation suspecte. En fait les prémices d'un orage comme il m'a rarement été donné d'en vivre. Je me suis levée, fascinée par les éclairs discontinus, le rideau de pluie tournant, les rafales de vent, et le tonnerre, qui s'est mué en méga déflagrations !
Tout cela pour dire, quoi ? que nous ne sommes que de petites choses insignifiantes comparées à la nature qui se déchaîne, qu'à chaque fois j'espère un tout petit peu que les terriens en prennent conscience et s'arrêtent de guerroyer pour le fric, les ressources, une frontière...
...et pour illustrer une photo piquée à mon fils sur les étrangetés de la nature, une tornade sur le lac Titicaca...
Photo Tom 2006