24 mai 2008

VHC

Saloperies que ces trois petites lettres.
Suis-je encore moi ? J'aimerais pouvoir en parler comme l'a fait Ravalec dans son livre, avec humour, dérision, mélangeant des scènes mystico-pornographiques dans un couvent, des histoires abracadabrantes qui m'ont fait rire aux larmes, mélangeant la fiction et l'affreux réel qu'on peut endurer avec ce magnifique-traitement-remède-miracle qu'est le coktail détonnant interféron+ribavirine... mais ça c'était avant, pendant ces putains de 9 mois (si ! si ! comme une grossesse) où l'espoir était mon fil conducteur, où j'ai cru en toutes les promesses thérapeutiques (c'est marrant ces deux mots ont presque le même sens), bref cette période où j'étais presque-guérie, puis guérie, puis plus du tout guérie, même que ce serait plutôt le contraire.
Ce qu'il en reste ? des effets secondaires, qui m'empêchent de penser, de réfléchir, parce que c'est bien beau de carburer à 200 dans la tête si on n'arrive pas à le traduire sur le papier, ou le clavier, à restituer de façon cohérente ce qu'on a envie de dire, de partager. Peut-être que je suis simplement fatiguée aujourd'hui, habillée de bleu parce que c'est ma couleur préférée, et pour coordonner le tout, coquetterie oblige, ce soir j'ai même un bleu à l'âme.
Et puis comment vivre avec un virus ? Evidemment, j'aimerai retrouver ma vie, celle d'avant, juste avant que je ne sache, avant de faire un premier puis un deuxième traitement miracle, avant que ce fantôme ne m'accompagne.
Je pensais être forte, ne pas céder à la déprime, et je le suis, mais il y a des jours.. et puis il y en aura d'autres, des lendemains rieurs même si le monde est blessé de partout.

Jeudi j'ai vu la "11è heure Le dernier virage" http://www.allocine.fr/film/fichefilm_gen_cfilm=126366.html
pour ceux qui connaissent, environnement, solutions ? pour la restauration de l'ecosystème planétaire.

Le soir même, vers minuit-l'heure-du-crime-Cendrillon-ou-chrétien-le-cantique, dans mon premier sommeil j'ai été réveillée par des bruits suspects, il se PASSAIT quelque chose, de drôles d'ondes circulaient, mon chat noir Pignouf essayait désespéremment d'ouvrir un des tiroirs sous mon lit afin de s'y cacher... signe révélateur d'une agitation suspecte. En fait les prémices d'un orage comme il m'a rarement été donné d'en vivre. Je me suis levée, fascinée par les éclairs discontinus, le rideau de pluie tournant, les rafales de vent, et le tonnerre, qui s'est mué en méga déflagrations !

Tout cela pour dire, quoi ? que nous ne sommes que de petites choses insignifiantes comparées à la nature qui se déchaîne, qu'à chaque fois j'espère un tout petit peu que les terriens en prennent conscience et s'arrêtent de guerroyer pour le fric, les ressources, une frontière...

...et pour illustrer une photo piquée à mon fils sur les étrangetés de la nature, une tornade sur le lac Titicaca...

Photo Tom 2006

18 mai 2008

Mi sueno

« Machu Picchu es un viaje a la serenidad del alma, a la eterna fusión con el cosmos, allí sentimos nuestra fragilidad. Es una de las maravillas más grandes de Suramérica. Un reposar de mariposas en el epicentro del gran círculo de la vida. Otro milagro más. »
Pablo Neruda

Photos Tom 2006

17 mai 2008

Livres, bouquins, lecture, papier, écriture...Pour Loula, Emi et les autres...

J'ai trouvé la solution pour éviter d'avoir à lister... cliquer sur les photos afin de pouvoir leer les titres...

A l'alba, mejor momento de la jornada, j'ai terminé le Livre des Etreintes d'Eduardo Galeano. A lire et à savourer, des dizaines de textes brefs, d'une grande densité, en quelques mots, quelques lignes, ils évoquent la vie...

16 mai 2008

Ecrire ?

... est un art difficile pour qui ne le maîtrise pas !

Pourquoi écrire ? récemment j'ai posté un commentaire à Loula suite à son billet sur "L'absence d'envie" : Merci Loula, d’avoir su si bien exprimer ce que l’on peut, ou que moi je ressens…dire, oui mais comment ? avoir des coups de gueule, oui aussi, mais l’expérience nous apprend à relativiser, à être plus “philosophe”, à ne pas projeter de “mauvaises ondes”, il y en a déjà assez de par ce monde…, ne pas heurter l’autre…, les rêves ? seulement lorsqu’ils auront été savourés mais d’abord les garder secrets le plus longtemps possible, le voyage ? peut-être, lorsqu’il aura été réalisé… le raconter, le partager…

Et puis tenir un blog c'est fastidieux, prenant, d'ailleurs je les admire, ceux qui postent souvent,
et puis c'est se livrer, enfin si on ne veut pas faire les choses à moitié, et moi je ne sais pas vraiment faire à moitié...
Misère ! et Emi qui attend avec impatience !
Et puis je me répète, je yoyote, je radote (d'après mes enfants) je ne suis pas sûre de savoir...
Je ne maîtrise même pas correctement les paramètres de ce blog !

Je ne veux pas décevoir Emi, ni ceux qui sont susceptibles d'avoir la curiosité de visiter et ...choisis la solution de facilité, à savoir :

Il était une fois... En l'an 2001, mes soeurs ont eu la lumineuse idée, à l'occasion des 50 ans de mariage de mes parents, de leur offrir un livre racontant leur histoire, leur et notre vécu au sein de cette famille nombreuse. Ce "livre" a été confectionné en 6 mois, délai très serré, d'autant plus qu'à l'époque l'ordi avait planté, tous les textes étaient à retaper, la mise en page à refaire, bref il n'est pas parfait mais magnifique quand même. Seul hic, j'étais incapable d'écrire la moindre ligne... bloquée, totalement ! je touchais à quelque chose de tellement profond et personnel, me remettait tellement en question, et le monde entre savoir et mettre sur le papier me paraissait infranchissable... bref j'étais la dernière à remettre mon texte -une page m'était réservée- puisque nous avions décidé de l'ordre d'apparition en fonction de notre arrivée au monde.
Voici donc ma prose :

MICHELE née un 2 décembre
Le plus gros bébé de la famille
Famille, tribu, clan...quelles que soient les définitions, c'est bien plus, et bien plus complexe que celles tirées du Petit Larousse.
Une enfance heureuse ? je crois que oui et pour cela il me faut évoquer ma petite enfance. L'époque où j'habitais avec mes parents, grands parents et mes deux frères aînés au "SHTETL". C'est une époque pour laquelle je n'ai pas besoin de solliciter ma mémoire, les souvenirs sont gravés dans ma tête. Je me souviens des fous rires avec mon grand-père "Seppel" qui me coursait autour de la table de la cuisine, je me souviens du jardin, flanqué d'un côté par la synagogue et de l'autre par ce qui fut le mur d'enceinte de la petite ville, de l'odeur des pivoines, giroflées, iris, du pêcher en fleurs et surtout d'un poirier généreux de petites poires juteuses, je me souviens de la cour pavée du bistrot, ombragée par trois magnifiques arbres. Je me souviens particulièrement de ma grand-mère "Lenel" qui orchestrait le tout...

La première rupture fut causée par le déménagement dans la "nouvelle maison". J'étais propulsée dans un autre monde. Papa n'était pas souvent présent, la vie était rythmée par les saisons et surtout l'arrivée de nouveaux bébés. Je ne sais pas si maman était "Alice au Pays des Merveilles", mais en tout cas l'arrivée d'un bébé réjouissait tout le monde.
J'étais dès lors, étant l'aînée des filles, promue adjointe de la mama ou "petite mère du peuple", c'est comme vous préférez. Lourde tâche ! je crois pouvoir dire qu'il est difficile d'exister dans une grande fratrie et dès que je le pouvais, me réfugiais dans la lecture. Tous les livres de la bibliothèque scolaire n'ont pas suffit à satisfaire ma boulimie.
Afin de soulager maman, "Lenel" venait souvent nous entraîner dans de mémorables randonnées au cours desquelles tout son répertoire de chants était repris à tue tête par toute la clique.
J'ai quitté l'école l'année de mes 17 ans, un CAP en poche, puis je suis partie vivre à Strasbourg, ville où je réside et travaille depuis près de 30 ans...
J'ai eu trois enfants, qui sont naturellement les plus beaux et les plus intelligents du monde : Tom, Jill et bien des années plus tard Jules.
La vie nous réserve parfois des moments très durs, mais je crois que rien n'est insurmontable, et que nous avons tous trouvé notre place au sein de cette famille. Les relations établies sont pleines de tendresse, de convivialité et de compréhension. Dans l'adversité nous sommes toujours présents. Mes belles soeurs et beaux frères font partie intégrante du groupe des frangines/frangins.....
Et puis il y a évidemment les amies, amis, ......................

A une ou deux virgules près je n'ai rien changé au texte. Par contre je ne suis pas sûre de formuler de la même manière, ni même quant au contenu si je devais l'écrire aujourd'hui.